Mar 2, 2018

Posted by in France | Commentaires fermés sur     Élection présidentielle : quelle est la différence entre une approche qualitative et quantitative ?

    Élection présidentielle : quelle est la différence entre une approche qualitative et quantitative ?

    Élection présidentielle : quelle est la différence entre une approche qualitative et quantitative ?

 

L’approche quantitative présente à son tour un certain nombre de limites et de biais qui justifient que l’on fasse appel, complémentairement, à une approche plus qualitative.

Notons d’abord que l’approche quantitative aborde les textes et les discours principalement à partir de leur matériel lexical (la logométrie reste bien pour l’essentiel une lexicométrie).

Cela permet d’appréhender efficacement les grandes thématiques abordées, les contenus sémantiques et idéologiques véhiculés par ces textes ainsi que les préférences en la matière de tel ou tel locuteur (ou collectif de locuteurs), ou encore de mettre en évidence certaines évolutions diachroniques (Voir par exemple Mayaffre, ou Dupy et Marchand, dont l’objectif est très proche du nôtre (sur les discours présidentiels sous la Ve République) : “suivre les évolutions des discours tenus par les présidentiables” lors des cinq premiers débats de l’entre deux tours.

Mais cette approche est nettement moins adaptée à l’étude d’autres types de faits discursifs, comme les stratégies rhétoriques ou la construction des ethos.

Par exemple, l’utilisation abondante du “je” (“je crois”, “je pense que”, etc.) par Ségolène Royal en 2007 permet légitimement à Dupuy et Marchand d’en conclure à une “personnalisation” de son discours, ou celle des connecteurs de causalité à un style “explicatif” ; mais lorsque dans la foulée, ils affirment que cette même Royal “se construit deux ethos, d’humanité et de solidarité”, c’est en appelant à la rescousse Charaudeau (2005), dont la méthodologie est tout autre.

   Les principaux problèmes que pose ce type d’approche sont à nos yeux les suivants :

– Si les données analysées sont très étendues, elles sont aussi le plus souvent de nature excessivement hétérogène, relevant de genre très divers (écrits et oraux, monologaux et dialogaux…), alors que certains types de faits, comme la fréquence des pronoms d’allocution, ne peuvent être étudiés pertinemment que par rapport à un cadre énonciatif bien défini.

  La combinaison des approches qualitatives et quantitatives :

“Il arrive aussi fréquemment dans ces études que soient assimilées productions écrites et orales, les secondes étant confondues avec leur transcription (de qualité d’ailleurs très inégale), comme on le voit avec des affirmations telles que celle-ci :

Le point et le point d’interrogation sont très significatifs d’une rhétorique efficace : le secret du parler vrai Sarkozy tient pour une grande part dans sa capacité de faire des phrases courtes, car la vérité ne semble pas chez lui devoir s’encombrer de complexité…”, Audrey Crespo-Mara.

Non seulement la journaliste “Audrey Crespo-Mara”, semble ici considérer que Sarkozy s’exprime oralement avec des points (donc avec des phrases), mais il établit une équivalence qui loin d’aller de soi entre “parler court”, “parler simple” et “parler vrai”.

Quant aux interprétations proposées, elles sont selon les cas plus ou moins acceptables ou contestables.

Par exemple, il n’est pas douteux que le caractère “fortement chiffré” du discours de Nicolas Sarkozy en 2007 produit un effet d’objectivité et d’autorité, mais les auteurs enchaînent sur des considérations nettement plus problématiques : “ce dernier a utilisé trois fois moins d’adjectifs subjectifs que Royal Ségolène (sa rivale) et multiplie les répétitions dans un discours simple […].

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